KNK Open Letter to Queen Matilde of Belgium

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On the occasion of the Belgian economic mission to Turkey, the Kurdistan National Congress (KNK) is publicly releasing its letter to Her Majesty Queen Mathilde of Belgium, calling for active Belgian engagement in support of the peace process and a democratic resolution to the Kurdish question in Turkey.

The letter urges Belgium, during its economic mission to Turkey, to actively support the emerging peace process and democratic resolution of the Kurdish question, emphasizing that this moment represents a historic opportunity to bring an end to decades of conflict. It calls on Belgium and the European Union to assume a more concrete international role by encouraging democratic reforms, protecting the political, cultural, and linguistic rights of the Kurdish people, ending repression against Kurdish civil society and political actors, and enabling Abdullah Öcalan to contribute meaningfully to the process. The message further stresses that the Kurdish question is not only a matter concerning Turkey, but also a European issue with important implications for regional stability, democracy, and security across Europe.

À l’attention de Sa Majesté la Reine Mathilde de Belgique


Objet : Appel à une implication active de la Belgique en faveur du processus de paix et de résolution démocratique de la question kurde en Turquie

Votre Majesté,

À l’occasion de la mission économique belge en Turquie, conduite sous votre haute représentation, le Congrès national du Kurdistan — KNK, basé à Bruxelles, souhaite respectueusement attirer votre attention sur une question d’une importance historique majeure : le processus de paix et de résolution démocratique de la question kurde actuellement ouvert en Turquie.

Depuis plusieurs mois, une nouvelle dynamique politique s’est engagée autour de la question kurde. Ce processus, porté du côté kurde par le leader kurde Abdullah Ocalan, constitue une opportunité précieuse pour mettre fin à un conflit qui dure depuis plusieurs décennies et qui a profondément affecté la Turquie, le peuple kurde, le Moyen-Orient et l’Europe.

Le KNK considère que cette dynamique ne doit pas rester fragile, informelle ou dépendante uniquement des équilibres politiques internes de la Turquie. Elle doit être consolidée par des mesures concrètes, encadrée par des garanties politiques et juridiques, et accompagnée par des acteurs internationaux crédibles.

Dans ce contexte, la Belgique peut jouer un rôle important. En tant qu’État membre de l’Union européenne, pays hôte des institutions européennes et acteur attaché au dialogue, au droit international, à la démocratie et à la résolution pacifique des conflits, la Belgique dispose d’une responsabilité particulière.

Votre déplacement en Turquie intervient à un moment où les relations entre la Belgique et la Turquie sont appelées à se renforcer dans plusieurs domaines, notamment économiques, diplomatiques, industriels et sécuritaires. Nous comprenons l’importance de ces relations bilatérales. Toutefois, nous estimons qu’un partenariat durable avec la Turquie ne peut être séparé des principes fondamentaux de démocratie, d’État de droit, de respect des droits humains et de résolution pacifique de la question kurde.
C’est pourquoi nous appelons respectueusement les autorités belges, à l’occasion de cette mission, à évoquer clairement cette question avec leurs interlocuteurs turcs. La Belgique doit encourager la Turquie à maintenir ce processus, à le concrétiser par des avancées politiques réelles et à garantir les droits fondamentaux, politiques, culturels et linguistiques du peuple kurde.

Nous souhaitons également exprimer nos préoccupations quant à l’attitude actuelle de l’Union européenne. Malgré les premières déclarations formulées au moment de l’ouverture de cette nouvelle dynamique, l’Union européenne n’a pas encore assumé un rôle suffisamment clair, concret et structurant. Or, un processus d’une telle importance ne peut être laissé sans suivi international, sans mécanisme d’accompagnement et sans garanties politiques.

L’expérience historique montre qu’un processus de paix laissé uniquement face aux rapports de force internes peut être fragilisé, ralenti, instrumentalisé ou interrompu. Il est donc indispensable qu’un acteur international, et en particulier l’Union européenne, suive l’évolution de ce processus, encourage les parties à avancer et contribue à créer les conditions d’une solution démocratique durable.

À cet égard, la Belgique peut jouer un rôle moteur au sein de l’Union européenne. Elle peut contribuer à faire en sorte que l’Europe ne reste pas spectatrice, mais devienne un acteur constructif, responsable et engagé en faveur de la paix.

Le KNK appelle ainsi la Belgique à porter auprès des autorités turques plusieurs messages essentiels :

  1. la nécessité de préserver, poursuivre et concrétiser le processus actuellement engagé ;
  2. l’importance d’une solution démocratique et pacifique à la question kurde ;
    la garantie des droits politiques, culturels et linguistiques du peuple kurde ;
    la mise en place de conditions permettant au leader kurde Abdullah Ocalan de contribuer effectivement au processus ;
  3. l’arrêt des politiques de répression visant les représentants politiques kurdes, les élus, les journalistes, les associations et les acteurs de la société civile ;
  4. l’implication de l’Union européenne comme acteur de suivi, de facilitation et de garantie politique.

La question kurde ne concerne pas uniquement la Turquie. Elle concerne aussi l’Europe. Des millions de Kurdes vivent aujourd’hui sur le continent européen, notamment en Belgique, en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suède. La démocratisation de la Turquie, la reconnaissance des droits du peuple kurde et la réussite d’un processus de paix auront des conséquences directes sur la stabilité régionale, la sécurité européenne et la cohésion démocratique de nos sociétés.

Votre Majesté,

Nous formulons le vœu que cette visite en Turquie ne soit pas uniquement l’occasion de renforcer les relations économiques entre la Belgique et la Turquie, mais aussi de porter un message de paix, de justice et de responsabilité démocratique.

La Belgique a aujourd’hui l’occasion d’endosser un rôle essentiel. Elle peut contribuer à encourager la Turquie à transformer cette dynamique fragile en un véritable processus de paix, fondé sur le dialogue, la reconnaissance des droits du peuple kurde et une solution politique durable.

Nous vous prions de croire, Votre Majesté, en l’expression de notre très haute considération.

Pour le Congrès national du Kurdistan — KNK


 

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